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18 janvier 2018

CARIACOU BOTO III - "MAUB'S" - D1083

Jeudi 18 janvier

Mercredi 17 janvier
L'arrivée à la maison commence à se préciser même si nous devons rester très vigilant car les conditions sont délicates. Cette journée etait identique à celle d'hier, peu de vent, une mer calme et un courant portant sud-est pas très favorable. Du coup une seule solution : ramer fort et longtemps 😋 ! J'ai à nouveau passé 10 heures sur le siège de rame et suis bien fatigué ce soir.
J'ai du également continuer de caper vers le sud. C'est frustrant car la Guyane est pile à mes 6 heures. En ramant, je tournais la tête complètement à gauche en me disant "la Guyane est par là...". Je ne peux pas tout de suite aller directement vers elle.
Mais il y a des bonnes nouvelles. La ZIC (celle responsable des gros grains) a décidé d'être sympa avec moi et s'est légèrement décalé vers le sud. Du coup aujourd'hui c'était grand beau temps.
Les courants semblent petit à petit s'orienter sud-ouest pour cette nuit. J'arrive en effet dans une zone de transition avant d'attraper le fameux courant des Guyanes qui devrait m'amener à la maison à une vitesse grand V.
Je reste très prudent avec tout ça car vous connaissez maintenant la leçon numéro 1 sur l'océan : tout peut changer très vite !

Mais il n'y a pas que la rame dans la vie 🤔. Et dans les réjouissances la nuit dernière, un piaf à squatté sur le Boto toute la nuit ! Il s'est posé sur mon airbag bâbord hier soir. Je suis resté à côté lui à 50 cm, il ne bougeait pas, et bien sûr je lui parlais 😀! C'est incroyable comme il restait stable. Il avait des pieds palmés et s'accommodait tout à fait des mouvements du bateau.
Puis pendant la nuit, à chaque sortie pour vérifier mes réglages, il était là. Et je l'entendais marcher au dessus de ma tête sur le grand panneau solaire. Il devait sans doute aller picorer les petits exocets échoués sur le Boto.
Il s'est envolé définitivement ce matin à 6h lorsque j'ai éteint les feux de nav. Bon vent l'ami, c'était sympa de partager ce bout de traversée avec toi.

MErcredi 17 Janvier

Mardi 16 janvier

Aujourd'hui Nico a eu une grosse journée. Il a fallu ramer fort et longtemps pour contrer un courant portant au sud-est. Le bout du tunnel n'est pas loin. Il a toujours le moral même si la fatigue commence à se faire sentir car cette partie finale est vraiment physique.
Du coup pour ce soir il m'a demandé de prendre le relais pour les news du jour.

Et suite à vos nombreux messages d'encouragement et vos interrogations sur sa trajectoire actuelle, il m'a demandé de vous montrer l'invisible !
Voici donc une carte des courants marins dans sa zone, mise à jour et fournies aux routeurs tous les jours par notre partenaire Mercator Océan.
Il s'agit de la carte d'aujourd'hui.

Avant d'entamer sa descente vers la Guyane il a dû contourner par le Nord un courant puissant en haut à droite portant vers l'Est. C'est ce courant que sont en train d' affronter ses compagnons galériens.
Nico est donc arrivé en gros par le coin en haut à droite pour descendre jusqu'à sa position actuelle. Là il longe volontairement le courant portant sud afin d'attraper le courant des Guyanes suffisamment bas. Ce courant puissant pouvant atteindre 3 à 4 noeuds selon les saisons longe la côte de la Guyane du sud-est vers le nord-ouest. C'est un véritable tapis roulant, mais le prendre trop haut risque de le faire arriver au Surinam !

On espère que ça vous donnera une vision plus claire de ce labyrinthe aquatique qui est vraiment délicat pour les petits bateaux à rame !

Mel (la femme de l'ombre 😉)

https://www.facebook.com/MercatorOcean/

DIMANCHE 14 JANVIER

Dimanche 14 janvier

Nous somme à moins de 300 miles de l'arrivée mais les jours à venir s'annoncent assez compliqués. On le savait, on s'y attendait.
En plus de devoir jongler avec les courants, il faut maintenant composer avec la ZIC établie à la latitude de la guyane à cette période de l'année. La ZIC (Zone Intertropicale de Convergence) est en gros responsable de la saison des pluies et de la grande instabilité de la météo.
Aujourd'hui, elle a commencé à me montrer qu'elle était là et qu'il fallait compter sur elle jusqu'à l'arrivée pour perturber ma traversée. J'ai eu droit à un bon grain en tout début de journée, puis pétole de vent pendant 5 heures et à nouveau 2 énormes grains coup sur coup en fin d'après midi. Et ce soir il pleut encore.
Il faut savoir qu'un grain "chasse l'air" autour de lui. À l'approche du grain, les vents montent et ma vitesse atteint facilement jusqu'à 3 noeuds sans ramer. Le problème est qu'on subit la direction du vent. Et une fois le grain passé, le prix à payer est une baisse totale du vent relatif. Les jours à venir, les derniers de ma traversée, vont sans doute être compliqués. Il va y avoir du sport !
En passant, une pensée pour mes compagnons galériens qui rencontrent des contre courants assez violents à l'est, les ramenant parfois ponctuellement vers l'Afrique... Ce sont ses contre courants que nous avons évité en passant par le nord. Courage les gars !

Et cette nuit un voilier m'a doublé ! Mon AIS l'a repéré. Pour une fois que ce n'est pas un gros cargo ! Il s'appelle le SummerWind ! J'ai essayé de le contacter sur la VHF, pas de réponse. Dommage j'aurais aimé converser avec cet équipage transatlantique. Petit à petit, à 5 noeuds (et oui, ça va quand même plus vite avec des voiles...), son feu rouge bâbord me dépasse et se transforme doucement en feu blanc, signe que je vois sa poupe. Il a l'air de faire route au 250, peut-être vers la Guyane !?

Enfin événement symbolique : ce soir je change d'heure pour la dernière fois. Ce soir, je suis à l'heure de la Guyane, sachant que j'étais parti de Dakar avec trois heures de décalage.

Aller c'est le repos du guerrier avant de repartir dans l'arène !

 

SAMEDI 13 JANVIER

Avec un léger retard voici la publication de la journée d'hier. La seance routage a été un peu plus longue que d'habitude pour optimiser la stratégie d'arrivée. Nico est au milieu de courants qui vont dans tous les sens mais le chemin vers la.Guyane se dessine.

Une journée un peu compliquée. L'océan ne veux pas trop me laisser descendre, à croire qu'il m'aime bien et veut me garder un peu plus longtemps que prévu 😉. J'ai dû ramer fort pour maintenir un cap et une vitesse minimale avec un vent et une mer du vent tapant sur mon travers babord. Mais j'ai tenu, et ce soir je peux prendre une direction un peu plus favorable vers des courants qu'on espère un peu plus sympa.
En tout cas sur un bateau à rame, on est complètement tributaire des éléments : la direction et la force du vent, les courants marins, la direction et force des différentes houles, l'état de la mer.... et même les champs de sargasses ! Ça fait beaucoup de combinaisons possibles et l'océan prend chaque jour un malin plaisir à s'amuser avec... Charge au pauvre rameur solitaire de s'adapter ! Et depuis 34 jours que je suis parti, j'ai l'impression d'avoir eu affaire à des conditions différentes chaque jour.
Mais ce midi je retrouve mon "petit coin de paradis" (dixit Guigui) pour faire une courte sieste réparatrice: mon hamac suspendu dans mon cockpit.
Je n'en n'avais pas encore parlé mais c'est le grand pied et j'en suis assez fier 😀. Il est parfaitement adapté aux dimensions de mon cockpit et me permet de m'étendre confortablement pendant quelques minutes, ce qui n'est pas une sinécure sur le Boto (surtout d'éviter la cabine où ce midi la température est montée à 33,7°). Là, bercé par la houle et rafraichi par le vent, je suis bien...

PS: et ce matin c'était à nouveau la cueillette des exocets: 65 au total...

 

Lundi 8 janvier: 10,4 noeuds !

Encore une bonne journée intense (et une nuit aussi où il a plu en continu!). Toujours sous l'influence de la perturbation, j'ai alterné mer relativement calme et mer démontée. Dans chaque configuration il faut de toute façon ramer fort, soit pour avoir de la vitesse, soit pour caper dans les vagues. Les efforts ont l'air d'avoir payé encore aujourd'hui même si j'étais bien fatigué cet après midi suite à 2 nuits et 2 jours bien agités (et peut être aussi dû au fait que je suis parti depuis presque 30 jours !). Du coup chaque heure je me suis fait 10 minutes de sieste. C'est réparateur !
Et petit moment grisant: j'ai battu mon record de vitesse en surf: 10,4 noeuds! Une deferlante bien dans l'axe au bon moment, ça décoiffe ! 
Sans transition, beaucoup me demandent comment vont les fesses et les mains 😀 ? Et bien tout va parfaitement bien, et je vais vous livrer mon secret: sur mon siège de rame j'ai un coussin anti-escarres et par dessus le petit plus qui fait la différence : une peau de mouton ! Ça marche du tonnerre. Cela m'avait été conseillé par Ralph Tuijn, un ami hollandais qui a traversé tous les océans du monde à la rame en solitaire. Je l'avais accueilli en mai dernier en Guyane alors qu'il venait de battre le record de la traversée Europe-Amérique du Sud en équipage. Il m'avait alors donné plein de précieux conseils pour mon bateau et moi. En ce moment il tente de battre son propre record en équipage de 5. Je devrais arriver avant lui en Guyane et l'attendrai pour fêter tout ça.
Pour les mains, juste des straps aux doigts, c'est radical. Je n'ai eu aucune ampoule depuis le début ! Et quel bonheur quand je les enlève en fin de journée.
Enfin demain est un jour spécial que j'attendais depuis un moment... restez à l'écoute 😉 !
Bonne nuit à tous!

5 janvier - Honneur et gloire au vieux Bahut !

Cette traversée, petite pause exotique dans ma vie, et l'occasion pour moi de repenser à mes 40 premières années. Et aujourd'hui j'aimerais rendre hommage à une période importante de ma vie: mon passage au Prytanée National Militaire où j'ai fait mon lycée et ma classe de math sup entre 1992 et 1996.
J'ai débarqué là-bas, dans la Sarthe, à 15 ans, alors que mes parents habitaient en Guyane. J'y ai découvert une vraie famille avec des valeurs et une morale extraordinaire. Je m'y suis construit et ça restera mon tremplin dans la vie.
J'y ai rencontré des gens épatants dont certains font aujourd'hui partie de mes amis les plus proches. Nous y avons évidemment fait les 400 coups 
😉, ce qui a certainement développé mon goût pour l'aventure !
J'ai reçu de nombreux messages d'encouragement de vénérables anciens ou de sympathiques mitax. Tous ces messages m'ont touché et m'ont rappelé la chance que j'avais d'appartenir à cette grande famille des Brutions.
Je suis le 3e Nass à traverser cet océan à la rame après Bertrand de Gaulier des Bordes et Christophe Dupuy. C'est une fierté et une force. Alors qui sera le prochain 😀?
Alors depuis le milieu de l'océan : Honneur et gloire au vieux Bahut !
Maub's 1083D
PS: pour ceux qui me connaissent vous aurez peut-être du mal à me reconnaître sur la photo à cause de la barbe (moi même j'ai du mal), mais c'est le résultat de plus d'un mois seul en mer...

 

3 Janvier 


Woah quelle nuit ! J'avais l'impression que tous les éléments me poussaient en avant : le vent, les vagues, les courants et même la lune toute ronde. Quasiment pas de roulis sur le bateau que du tangage, avec cette sensation que les vagues poussent aux fesses et le bruit de l'eau qui s'écoule sous le bateau. Comme c'est agréable ! Résultat des pointes à 3 noeuds en dérive une super distance parcourue cette nuit.

Ce matin j'étais en pleine forme. J'ai dévoré mon petit-déjeuner et les oranges achetées à Dakar sont toujours aussi bonnes et fermes. C'est incroyable comme elles se conservent bien sous mon siège de rame dans un caisson au ras de l'eau. En tout cas ce jus naturel fait du bien au milieu de ces lyophilisés. 

Et les bonnes conditions ont duré toute la matinée. Quel plaisir de ramer quand tout va dans le même sens. C'est facile de bien planter les pelles comme me l'a appris Harry 😉, mon illustre prédécesseur sur le Boto. J'ai eu l'impression de ramer vraiment efficacement.

Du coup je me suis octroyé une petite récréation à midi. Des jeux sous le bateau ! Accroché à ma ventouse j'ai marché sur la coque retournée, puis je me suis fait tracté par le boto à bonne vitesse. Je peux pas encore faire de ski nautique mais j'y travaille. J'ai filmé, on verra ce que ça donne

Enfin il a fait beau aujourd'hui, j'ai pu faire le plein d'eau. En eau douce, j'ai une gourde pour boire, et une gourde pour me laver et la vaisselle. En général 1,5L me suffisent par jour pour me laver et faire la vaisselle. Un demi verre d'eau (10cl) le matin pour les dents et me débarbouiller le visage. Un litre le soir pour me doucher. Et le reste pour rincer la vaisselle. Depuis le début je n'ai jamais fait de lessive. Ça devrait rester comme ça jusqu'au bout 😀 ... Je bois un peu près 2 ,5 litres d'eau par jour et utilise environ 75 centilitres d'eau pour les repas lyophilisés. Au total moins de 5 litres me sont nécessaires par jour soit l'équivalent de 2 chasses d'eau 😉 !

C'est tout pour aujourd'hui !

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